Dans le but de s’adapter au cahier des charges récemment élaboré par le FOSCAO, la plate-forme nationale du Mali, soutenue par le Secrétariat Régional du FOSCAO et la Fondation Ford, vient de clôturer une rencontre qui avait un double objectif: le développement des plans d’actions spécifiques pour chaque pays et un dialogue politique pour endiguer le mariage Précoce en Afrique de l’Ouest
 

La Jeunesse et l’Emploi en Afrique de l’Ouest

Dans sa tentative de freiner le chômage en Afrique de l’Ouest, le Forum de la Société Civile d’Afrique de l’Ouest (FOSCAO) a organisé une rencontre de haut niveau sur la jeunesse et l’Emploi au Mali. Au cours de la Rencontre, les questions pertinentes liées à la Jeunesse et à l’Emploi sont passées au peigne fin. Dans son message de bienvenu, le Secrétaire général du FOSCAO Monsieur Abdoulaye Diallo a déclaré qu’il est important de discuter des sujets liés à la jeunesse puisque cette dernière constitue l’avenir du continent. Il a ensuite ajouté que le problème du chômage ne peut être résolu que lorsque les jeunes auront décidé de prendre les choses en leur avantage dans les pays respectifs et ce, avec la participation de la Société civile dans les différents processus gouvernementaux. Des intervenants de plusieurs pays soutiennent le point de vue selon lequel la corruption, la mauvaise gestion des fonds publics, le manque de financement, la baisse du niveau d’éducation et l’absence des jeunes dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques gouvernementales sont à la base de l’échec des efforts entrepris contre le chômage des jeunes. Dans la présentation du rapport final de ses études sur l’état de la jeunesse et de l’Emploi Ngolo Katta a fait observer que la région est en proie à une explosion démographique de sa couche juvénile, et cette situation risque de doubler dans les années à venir puisque plus de 60% de cette couche est sans emploi. Le conférencier a précisé que le manque d’éducation, le mariage précoce et d’autres facteurs sont responsables de ce taux élevé de chômage dans le rang des jeunes. Il a en outre précisé que cette situation peut s’avérer catastrophique pour la région ouest africaine car ces jeunes ne participent pas véritablement à l’économie de la région. M. Ngolo Katta a déploré le fait que le problème du chômage des jeunes demeure intact dans la région malgré les efforts des partenaires étrangers, les gouvernements et le secteur privé. Il a exhorté la CEDEAO à s’engager fermement sur la question. Il a en outre, invité les jeunes à prendre en main leur destin, se mettre en réseaux, faire partir des Organisations et mouvements politiques, promouvoir l’éducation politique, faire des plaidoyers cohérents en faveur de l’application des lois et conventions et aussi renforcer leurs propres capacités à négocier avec les élites politiques. M. Terfa Hemen, un participant nigérian s'exprimant un peu plus tôt, est revenu sur certaines plates-formes mises en place par le gouvernement nigérian pour réduire le chômage des jeunes dans le pays. Il a fait remarquer que malgré les efforts du gouvernement nigérian, le taux de chômage reste très élevé dans le pays. Il a mis en cause la pauvreté et le manque de financement. Quant à M. Hassan Fuad, de la Sierra Leone, le chômage des jeunes a eu un impact direct sur la guerre qui sévissait dans le pays car bon nombre de jeunes interviewés ont cité la pauvreté comme raison de leur enrôlement dans la guerre. Il a en outre déclaré que tous les efforts du gouvernement pour créer des emplois aux jeunes ne sont pas couronnés de succès à cause de la manière dont ils sont mis en œuvre. Il a dès lors fait remarquer que le chômage en Sierra Leone a pour résultante la baisse du niveau de l’éducation et la vulnérabilité des femmes en face des contraintes du chômage. Un autre intervenant venu du Sénégal, M. Tenning Ndeye a déclaré que la jeunesse occupe une part importante dans l’ensemble de la population du pays. Il a ensuite précisé que cette situation représente un problème complexe pour le pays. L’orateur a néanmoins fait remarquer que des programmes d’envergure nationale sont en ce moment mis en place pour éradiquer le chômage et le secteur privé aussi crée énormément d’emploi aux jeunes. En guise de solution au chômage des jeunes en Afrique de l’Ouest, certains participants pensent que les OSC doivent s’écarter de ce qui existe déjà en termes d’innovation. Elles doivent plutôt se focaliser sur les communautés pour la mise en œuvre des actions, la divulgation d’ informations utiles ainsi que l’accès aux opportunités à l’éducation et aux formations dont la jeunesse, à tous les niveaux, peut réellement tirer profit afin de se prendre en charge individuellement ou collectivement en vue de développer l’esprit d’initiative et de créer des emplois. Au cours d’une des sessions techniques de la rencontre, les participants ont jeté un regard analytique sur l’impact du chômage des jeunes sur les crimes et violences, les conflits et l’instabilité socio politique en Afrique de l’Ouest. Il ressort des analyses que le chômage des jeunes implique l’instrumentalisation de ces derniers par les gens aisés et leur utilisation dans les activités criminelles. Selon les participants, nombreux sont les jeunes qui ont affirmé s’être engagés dans des activités criminelles à cause de la pauvreté ou de l'absence de perspectives d'emplois. Les participants ont décidé de se battre, comme les OSC, aux côtés des jeunes doivent pour exprimer leurs revendications de façon pacifique dans un délai appropriée. Ils ont aussi ajouté qu’au lieu que les jeunes attendent des solutions venir des gouvernements, ils pourraient mettre leur énergie au service de l’économie de la sous-région ouest africaine. Au cours de cette rencontre de haut niveau qui a connu la participation des acteurs de la société civile de toute l’Afrique de l’Ouest, notamment du Bénin, Burkina Faso, Gambie, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, et la Sierra Leone, des approches de solutions ont été formulées pour éradiquer le chômage : ce sont entre autres solutions, l’éducation et la formation des jeunes, l’acquisition des compétences et la participation des jeunes aux initiatives susceptibles de les sortir de la pauvreté et du chômage. Un mécanisme de suivi et de conseil est aussi nécessaire pour la Jeunesse. Les participants ont aussi émis des recommandations sur la nécessité d’un cadre politique de travail dépourvu de corruption, L’augmentation des investissements dans l’économie et en particulier, au profit de la jeunesse, plus d’implication de la part des jeunes dans les activités politiques. L’installation des équipements de base doit être une priorité pour le gouvernement et les jeunes doivent éviter de tomber dans les mains des gens sans scrupule qui alimente et entretiennent les conflits et les violences. Les participants se sont tous mis d’accord sur la situation de des jeunes dans la région et ont reconnu que les gouvernants ne sont pas à aux autorités étatiques sur ce sujet mais au contraire en tant qu’OSC, ils doivent reconnaitre les efforts des gouvernements et établir une connexion entre ces derniers et des organisations de jeunesse dûment établies au niveau local ou communautaire. Ils pensent que partant de là, les jeunes peuvent prendre pleinement part aux politiques et plans d’action gouvernementaux et ainsi, réduire l’absence de cohésion sociale.

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